La Chapelle de Charné (Ernée)

Présentation

Chapelle de Charné - vue extérieure

Monument historique, la Chapelle de Charné, du 12ème siècle, est connue pour être l’un des plus beaux édifices du Pays d’Ernée. Charné est un mot celtique comme “charnie” ou “carnée” ou “kair” qui signifie “pierre sacrée”.

Située à 1 km à l’est du centre ville d’Ernée, elle fut l’église paroissiale d’Ernée jusqu’en 1697. Elle connue une histoire mouvementée pendant la révolution, et tout au long de son histoire fut le lieu de pèlerinage, Charné étant considéré comme lieu de miracles.

Chapelle de Charné - extérieur Chapelle de Charné - la statue de Marie Chapelle de Charné - extérieur

Historique

Construction

La construction de la chapelle date du 11ème siècle. Elle a alors une forme de croix. Elle compte :

  • une nef sans bas-côté (dont la longueur est aujourd’hui oubliée),
  • un chœur,
  • un transept dont la partie centrale supporte la tour.

La chapelle fut placée probablement à proximité d’une voie antique, comme en témoigne quelques vestiges romains trouvés a proximité de l’actuelle chapelle.

Au 16ème siècle, on ajoute la chapelle sud et en 1591 le seigneur de Panard fait construire la chapelle nord, symétrique à la première.

Le pélerinage de la Chapelle-Janson

Dans les années 1680-1681, les habitants de la Chapelle-Janson (près de Fougères) connurent plusieurs épidémies. Elles causèrent 160 décès en trois mois. La population fit voeu de se rendre chaque année en procession jusqu’à la chapelle de Charné. L’épidémie cessa rapidement. A partir de cette date, pendant 2 siècles, chaque année, les pèlerins de la Chapelle-Janson venus à pieds jusqu’à la chapelle, organisaient une procession du quartier de Chauffour jusqu’à la chapelle.

Destruction de la nef

En 1697, avec la consécration de la nouvelle église (voir la présentation de l’église Notre Dame de l’Assomption), on voulut faire cesser les revendications des partisans de la chapelle contre la nouvelle église. On réussit à obtenir une ordonnance de l’évêque du Mans (datée du 3 mai 1697) qui prescrivait la destruction de la nef. La démolition eut lieu. Une seconde ordonnance, du 3 juillet 1697, permettait aux habitants de se servir des pierres de la chapelle pour la finition de la nouvelle église.

Incendie rue Amiral Courbet

Vers 1750, un incendie éclate dans la rue Neuve (actuellement rue de l’Amiral Courbet) et menace de s’étendre a la rue entière. Des habitants du quartier s’adressent à la vierge et l’incendie diminue d’intensité. Aujourd’hui, de cet événement reste une statuette de Notre-Dame, sur une façade de la rue Amiral Courbet, à l’endroit de l’incendie, avec une inscription: “Marie, notre Mère, sauva d’un incendie”.

Avant la Révolution

En 1773 le grand vicaire menace d’interdire le lieu au culte. En effet les paroissiens continuent de l’orner et de le restaurer.

Pendant la Révolution

En 1793, Charné est fermée. En 1796, la chapelle est mise en vente comme bien national.

Une démolition impossible (tentative de La France)

Le 24 juillet 1796, la chapelle et son cimetière sont attribués au Sieur Rene-Francois Gouger dit La France, vitrier à Ernée.

Membre du comité révolutionnaire d’Ernée, il voulut la démolir pour vendre les matériaux. Les ouvriers commencèrent par s’attaquer aux deux contreforts proches de la porte, en face de la route de Mayenne. Ils ne purent y toucher à cause des insultes lancées par la population sur les ouvriers. Ceux-ci refusèrent de continuer le travail suite à un incident qui leur parut être un “avertissement du ciel”.

La France, qui souhaitait vendre rapidement les matériaux, reprit lui-même les travaux. Un jour pourtant deux soldats qui prenaient une consommation au café d’en face, et observaient la démolition de l’édifice, réagirent au mécontentement du tenancier, indigné. L’un d’entre eux dit “vous allez voir comment on déplante un oiseau comme &ccedila” et tire avec son fusil en direction de La France. La balle passa à “un pouce de sa tête” et l’homme prit la fuite. Par la suite il tenta de vendre le bâtiment, mais personne n’en voulait.

Un grenier à foin

Le 4 septembre 1797, La France échange la chapelle contre le champ des Pommiers. La chapelle revient au Sieur Michel Rabeau, marchand à Ernée, qui s’en servit comme grenier a foin.

La statue de la vierge sauvée

Jean-Baptiste Nicolaïs, bien que membre du Comité Révolutionnaire, cacha la statue de la vierge dans un tonneau pour pouvoir la conserver. Il la cacha 3 ans puis la reporta a l’église paroissiale à la pacification religieuse.

Le rachat de la chapelle après la Révolution

L'achat de Charné par Anne Vauloup

En 1808, la chapelle fut rachetée par une humble domestique, Anne Vauloup. C’était une domestique de Monsieur Delalande, maire et président du canton d’Ernée.

Elle mit toutes ses économies et ses futurs appointements dans cet achat. Elle fit même la quête à Ernée et ses environs, y compris à la sortie de l’église et le 18 janvier 1808 acquit la chapelle.

Don de la Chapelle

Elle en fit ensuite don aux pauvres par l’intermédiaire du bureau de bienfaisance. Elle ne pose que deux conditions : avoir une place dans le cimetière de la chapelle et que la chapelle reste à l’usage du culte catholique (rappelons que l’église Notre Dame de l’Assomption servit de Temple de la raison pendant la Révolution - voir présentation de l’église Notre Dame de l’Assomption).

La tombe d’ Anne Vauloup se trouve dans le cimetière de la chapelle et une rue voisine porte le nom d’ Anne Vauloup.

Les invocations à la Vierge de 1862

:histoire:ernee:chapelle-charne:photo-statuedemarie-moy.jpg En été 1862, sur la Paroisse de Montenay eut lieu une invasion de vers blancs, qui menaçaient les récoltes. Après avoir tout essayé, les habitants eurent recours à la Vierge de Charné et aussitôt le fléau disparut.

Cette même année le croup décimait les enfants de Saint-Pierre des Landes. L’épidémie cessa, alors qu’aucun traitement efficace n’existait à l’époque.

Principales caractéristiques

Statue de Marie

  • Chœur, transept et tour du 11ème
  • Croisées du transept et consoles du 13ème
  • Fenêtres du 15ème
  • Chapelles du 16ème
  • Cimetière contient des tombes du 19ème

La statue de Notre Dame est en chêne et mesure 1.30m, et daterait du 13ème siècle (d’après le style du drapé, la posture de la vierge, etc.). Marie tient le sceptre (bâton de commandement, insigne de la royauté, symbole de puissance) dans sa main et Jésus, la croix sur le globe terrestre, symbole de royauté et de rédemption (rachat du genre humain par Jésus-Christ).

Sources

  • sur la Chapelle de Charné: “Magazine Informations Municipales” d’Ernée, n°56, décembre 1991
  • “La vie Chrétienne Paroisse N.-D. de Charné” n°20, 4 juillet 1999
  • “La Mayenne de village en village” de Gilbert Chaussis, édition Siloé, Tome 2, p.123-126

“Au Pays d’Ernée” ( www.renoulin.fr/aupaysdernee ) par Christian Renoulin.

 
 


 
histoire/ernee/chapelle_charne.txt · Dernière modification: 2008/10/09 03:50 par chris
 
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